Point de fabuleux château ni de fière cathédrale. Saint-Nazaire ne s'est jamais montrée tapageuse, elle pourrait pourtant s'enorgueillir de voir sous ses fenêtres le fleuve rencontrer l'océan, fanfaronner de compter à elle seule vingt plages à deux pas des marais de Brière et d'être le berceau des plus grands paquebots. Au commencement, peu après la Révolution, ce n'étaient que 200 maisons basses aux toits de chaume serrées le long de rues tortueuses, un modeste territoire rural qui avait pour lui d'être bordé par l'océan et la Loire.
La Seconde Guerre mondiale percute Saint-Nazaire de plein fouet, 3 690 maisons détruites sur 8 000, et elle sera même l'une des dernières villes d'Europe à recouvrer la liberté. La population trouve alors refuge dans des baraquements, des bungalows américains et canadiens avant qu'en 1946 la reconstruction ne soit confiée à l'architecte Noël Le Maresquier, Grand Prix de Rome. Une architecture sobre et fonctionnelle, dos à la mer et en béton armé bien sûr en ces temps d'urgence, tandis que l'espace portuaire est lui agrandi et promis à tous les développements industriels.


